Du rétro dans mon ciné

Hier est sorti au ciné le second film de Carine Tardieu, « Du vent dans mes mollets », l’adaptation du livre (également paru sous forme de BD) de Raphaële Moussafir. Les deux femmes ont travaillé de concert sur le scénario pour laisser chacune une part d’elle-même dans cette comédie familiale.

Je n’aime pas trop voir l’adaptation ciné d’un livre que je n’ai pas lu, mais je fais parfois quelques exceptions, et je ne regrette pas d’avoir vu celui-ci. Le film nous place au cœur de la vie d’une famille « normale »* des années ’80. Entre une mère juive hyper-sensible et étouffante, un père marqué à vif par sa propre enfance, une grand-mère complètement blasée, limite morbide, Rachel Gladstein, 9 ans, a du mal à trouver sa place. Sa rencontre avec Valérie, une camarade de classe impétueuse, est libératrice. Cette nouvelle amie va la mener, elle et sa famille, dans des aventures inattendues. Grâce à Valérie, et aussi un peu grâce à sa psy, elle trouve son équilibre dans le bazar relationnel que constitue son entourage, jusqu’à ce que tout bascule de nouveau.

*comprendre anormale, mais aussi anormale que les autres

Carine dirige sa jeune actrice.

Le film se construit autour d’un univers enfantin bien particulier, un cocoon familial délicieusement rétro, une petite bulle de passé dont beaucoup se délecterons. Du début à la fin, le film se veut touchant. Et ça marche, je pense que chacun peut se reconnaître un peu dans les situations familiales. C’est libérateur pour nous aussi, car les tabous sont abordés avec le ton juste. Il faut dire également que le casting est hyper sympa : Agnès Jaoui s’empâte à merveille, Denis Podalydès vraiment crédible en pro de Mobalpa, Isabelle Carré est vraiment séduisante, et les deux petites filles très vraies. J’ai pourtant regretté le manque de proximité avec le personnage principal, la petite Rachel, pas très bavarde. J’aurais aimé que ce soit son regard qui se pose sur les personnages qui l’entourent, car finalement, elle perd parfois un peu sa place centrale au profit de ses parents.


Ce long-métrage me fait immanquablement penser à « La faute à Fidel », sorti en 2006.
Les points communs sont nombreux : il s’agit également d’un film Gaumont, le second de Julie Gavras, adapté d’un roman éponyme de Domitilla Calamai qui a également participé à l’élaboration du scénario.
On y suit pareillement les interrogations d’une petite fille, Anna, 9 ans, perturbée par les nouvelles idées politiques de son père, qui vont radicalement changer son mode de vie… En effet, dans cette famille bourgeoise des années ’70, tout est bousculé lorsque le père d’Anna devient communiste, et s’implique politiquement au Chili, suite à la disparition de son beau-frère en Espagne. La grande et belle maison avec jardin est remplacée par un minuscule appartement sans ascenseur, la nourrice est choisie selon ses origines, le catéchisme disparaît de l’emploi du temps …

J’ai adoré m’attacher à Anna, qui se plaisait tellement en petite fille parfaite, à qui on retire tout ce dans quoi elle s’épanouissait. Ses interrogations sont justifiées et les réponses manquent cruellement. L’esthétisme du film est poétique, doux, contrastant avec les cris et appels d’Anna, et les réponses tout aussi bruyantes de ses parents, qui ont l’air d’oublier que leurs enfants … ne sont que des enfants.

Si ma préférence va au second, je vous conseille tout de même d’aller faire un tour dans les salles obscures pour voir « Du vent dans mes mollets », si la génération ’80 vous évoque quelque chose, le film vous offre tout simplement 1h29 de madeleine de Proust eighties. 😉

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2 Responses to Du rétro dans mon ciné

  1. apolline 24 août 2012 at 14 h 51 min #

    J’ai vu la bande annonce de ce film et je trouve qu’il a l’air vraiment génial !
    Xxo

    http://freedame-fashion.blogspot.com

  2. Myriam 6 septembre 2012 at 17 h 36 min #

    Je ne connaissais pas du tout ^^

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