L’hermine : détails et réalisme

Mon dernier passage à Paris remonte au lundi 9 novembre. Après avoir vécu quelques années dans la capitale, j’ai toujours plaisir à revenir « en touriste » à cette ville qui m’est chère. Ce lundi 9 novembre a été une journée particulièrement belle et riche, et je ne cesse d’y penser depuis une semaine. Je n’ai pas envie de donner plus de détails ici et maintenant, mais j’avais envie de dire mon amour pour Paris.

Toujours est-il qu’à l’occasion de mon passage, j’ai découvert le dernier film de Christian Vincent : L’hermine. D’une durée de 98 minutes, en salle depuis mercredi dernier, il s’agit d’une comédie dramatique qui réunit Fabrice Luchini et Sidse Babett Knudsen (ne me demandez pas de le prononcer).

« Michel Racine est un Président de cour d’assises redouté. Aussi dur avec lui qu’avec les autres, on l’appelle  » le Président à deux chiffres « . Avec lui, on en prend toujours pour plus de dix ans. Tout bascule le jour où Racine retrouve Ditte Lorensen-Coteret. Elle fait parti du jury qui va devoir juger un homme accusé d’homicide. Six ans auparavant, Racine a aimé cette femme. Presque en secret. Peut-être la seule femme qu’il ait jamais aimée. »

Ce long-métrage a obtenu deux récompenses à la Mostra de Venise 2015 :
– Le prix Osella pour le meilleur scénario
– La Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine pour Fabrice Luchini

"L'Hermine" de Christian Vincent

À la sortie de la projection, j’ai pu entendre quelques avis négatifs sur le film : trop lent, vide, sans intérêt. Pourtant je ne partage pas cet avis.

L’histoire s’étale sur quelques jours seulement, un format rapproché et réaliste qui m’a plu. On y suit le quotidien de plusieurs jurés ainsi que celui du Président de la cour d’assises, avec à la clé une découverte de cet univers qui reste inconnu pour beaucoup d’entre nous. J’ai savouré avec patiente l’histoire d’amour qui se trame en filigrane, en second plan de l’intrigue judiciaire. Ce réalisme, que d’autres ont jugé ennuyeux, est à mes yeux fascinant. La lenteur narrative permet d’insister sur les détails qui façonnent notre réalité. Le contexte de départ pourrait donner de la lourdeur au résultat mais il n’en est rien. En tant que spectateur(-trice en l’occurrence), je me suis sentie happée par ce savoureux sens du réel (je ne sais pas exactement ce que l’adjectif « savoureux » peut avoir à faire avec le « sens du réel », mais je vous dit les choses telles que je les aies ressenties). Tout particulièrement, j’ai aimé le portrait du personnage principal, Michel Racine, un être double face : face, il se fond dans la peau du Président obtus qu’on attend de lui ; pile, en quittant son costume public, il se dévoile à la femme qu’il aime. Tel une hermine qui change de pelage au fil des saisons…

"L'Hermine" de Christian Vincent

J’étais ravie de retrouver l’actrice Corinne Masiero, que j’avais beaucoup aimé dans À l’origine (de Xavier Giannoli) et Lulu femme nue (de Sólveig Anspach). À noter aussi que le film prend place dans le Pas-de-Calais, à Saint-Omer, notamment dans le Palais de Justice. Comme quoi, on ne fait pas des bons films qu’à Paris ou à Saint-Tropez (et c’est tant mieux).

En conclusion, amateurs de films d’action, passez votre chemin. Pour les autres, laissez-vous tenter par ce film un peu différent des autres, qui vous surprendra par sa forme et son réalisme.

L'hermine

PS : je ne résiste pas à l’envie de vous mettre une photo de l’animal dans son pelage d’hiver. :)

HermineCC BY-SA 3.0 Nicolas Teirlijnck

Rendez-vous sur Hellocoton !

Je parle aussi de...

, , , , , , ,

No comments yet.

Laisser un commentaire