La résistance de l’air, c’est d’la balle

Il y a quelque chose d’étonnant avec mon rapport à l’écriture du blog. Plus je tiens à un sujet en particulier, plus il est difficile d’écrire et de publier un article. Par exemple, à propos du film « La résistance de l’air », j’ai vu le film et je l’ai tout simplement adoré. Qui plus est, j’ai découvert avec un grand plaisir que Patrice Guillain tient un (très bon) second rôle dans ce film. J’ai eue la chance de croiser la route de Patrice il y a quelques années, et je suis sa carrière avec joie.
Ces deux éléments, au lieu de me permettre de publier très rapidement au sujet de ce film, m’ont à l’inverse poussé à attendre tant j’ai envie de rendre parfaitement justice à ce film et à ses acteurs.

C’est un peu comme quand j’ai vu pour la première fois le premier film de Maurice Pialat, « L’amour existe ». Ce film à lui seul a réussi à me faire renoncer, à l’époque où je cherchais quelle orientation professionnelle choisir, à tenter la voie du 7ème art, tant ce film est à mes yeux une perfection, réussite absolue, aboutissement et complétude. Comment avoir la prétention de m’introduire dans ce monde après avoir vu ça ?
Tout ça pour dire que je me suis mis une grande pression pour écrire un article sur ce film depuis que je l’ai vu. C’est idiot mais c’est comme ça. Surtout que personne n’attend mon article avec impatience et qu’objectivement cela n’a d’importance pour personne sauf pour moi.

l'amour existe

 

L’univers de « La résistance de l’air »

Il s’agit d’un film de Fred Grivois, avec Reda Kateb, Ludivine Sagnier, Johan Heldenbergh et Patrice Guillain.

Champion de tir au fusil, Vincent mène une vie tranquille entre sa femme et sa fille. Jusqu’au jour où des problèmes d’argent l’obligent à remettre en cause ses projets et menacent l’équilibre de sa famille.Une rencontre au stand de tir avec Renaud, personnage aussi séduisant qu’énigmatique, lui promet une issue grâce à un contrat un peu particulier. Dès lors, Vincent met le doigt dans un engrenage des plus dangereux.

On peut se demander si la scène d’ouverture porte réellement un intérêt particulier, cependant j’ai apprécié cette introduction qui plonge immédiatement dans la noirceur et la violence qui imprègne le film. Par ailleurs, cette noirceur et cette violence, inhérentes au sujet, sont particulièrement bien maniées. Ce très long travelling nous invite à flirter avec le danger, à danser avec notre part sombre.

Après cette introduction qui reste mystérieuse tout en donnant le ton, le spectateur pénètre dans la vie privée de Vincent, joué par Reda Kateb. Des rêves et des projets qui tiennent à un fil, une vie de famille qui dérape, un père à porter à bout de bras, Vincent s’accroche à sa carrière de tireur et tente de s’en sortir par tous les moyens.

La résistance de l'airLes acteurs sont en nombre réduit, le film est intimiste. Si comme moi vous aimez la finesse des films français, vous serez comblés par l’ambiance instaurée par Fred Grivois, qui s’attache à décrire des épisodes de vie les uns après les autres, pour construire l’histoire autour de quelques moments clés. Le temps semble figé, distendu sur des scènes essentielles, tandis que certains faits sont occultés, ce qui donne à l’ensemble une construction chronologique intéressante.

L’ambiance, tant musicale que visuelle, est en parfaite adéquation avec le thème. Le spectateur est plongé dans un univers sonore tranchant, la lumière hivernale évoque un climat brumeux, froid et austère.

 

Le choix des acteurs est tout simplement excellent.

Reda Kateb s’illustre à merveille dans la peau de Vincent. Rien d’étonnant puisque le rôle a été écrit pour lui, Fred Grivois et Thomas Bidegain (scénario) ayant travaillé avec lui sur « Un prophète ». Un vrai sans faute pour cet acteur de grande envergure.
Pour se faire plaisir, je vous conseille également de voir (ou revoir) « Qu’un seul tienne et les autres suivront », où Reda côtoie le talentueux Vincent Rottiers (que j’apprécie énormément en tant qu’acteur, et qui a d’ailleurs beaucoup soutenu la promo de « La résistance de l’air » sur les réseaux sociaux).

La résistance de l'airLudivine Sagnier est poignante, comme à son habitude. J’ai de très bon souvenirs de son jeu dans « Pieds nus sur les limaces », où elle avait su rendre son personnage très authentique. Pour « La résistance de l’air », elle s’est beaucoup impliquée dans la réécriture du script pour rendre le personnage féminin plus intéressant.

La résistance de l'airJohan Heldenbergh m’était inconnu mais c’est avec ravissement que je découvre cet acteur envoûtant. Il dégage un magnétisme impressionnant, propre au personnage qu’il incarne. Maintenant j’ai une bonne raison de vouloir voir « Alabama Monroe ».

La résistance de l'airPascal Demolon apporte une touche ironique sous les traits d’un entraîneur un peu lourd, ce qui confirme tout le bien que je pensais déjà de lui depuis « Lulu femme nue ». Il a été choisi pour incarner le personnage de l’entraîneur suite à son rôle dans « Radiostars ».

La résistance de l'airEt, last but not least, Patrice Guillain apporte de la dimension (quelle carrure!) dès qu’il apparaît.
Après un rôle de flic dans « La cité rose », un film qui aurait pu, à mon sens, être beaucoup mieux produit, il signe ici une présence à sa hauteur. Étonnamment, bien qu’il sache manier les armes à feu comme personne, il tient cette fois le rôle d’un chef de chantier qu’il ne faut pas mettre en colère. Sa sincérité est… désarmante. Vous pourrez bientôt le voir dans « Pleure en silence ».

patrice guillain

En espérant vous avoir tenté, je vous invite à découvrir le film au plus vite.
PS : vous noterez que le choix du titre est particulièrement inspiré 😛
Crédits photo : Gaumont pour La résistance de l’air, Alex Ubeda pour Patrice Guillain

Rendez-vous sur Hellocoton !

Je parle aussi de...

, , , ,

No comments yet.

Laisser un commentaire